MEXIQUE : Cancùn
Nous nous en étions arretés à ce fameux ouragan qui nous arrivait dessus... la suite.
... On est un peu sonnée par la nouvelle. Dean, notre nouvel ami du voyage nous fonce droit dessus a près de 400 km/hr. On est au milieu de l'hôtel, on pose nos sacs, on réfléchit. les solutions? Prendre des infos. On discute avec deux trois voyageurs qui visiblement, en savent autant que nous. Dur dur le retour à la réalité. On était déjà plongées dans notre séparation, la fin de ce périple. Nous voilà en train de prendre des mesures pour finir ce voyage saines et sauves.
Les nouvelles ne sont pas bonnes. La dernière fois qu'un ouragan de ce type a traversé le Mexique, il a ravagé Cancun, et fait pour bilan plusieurs mort. Mais l'heure n'est pas à paranoïer, et étrangement, une grande sérénité nous habite. Le temps passe d'un coup beaucoup plus lentement, et non plus vite comme les films Hollywoodien catastrophes ont pour habitude de nous montrer. Tout est calme dans la ville. Etrangement calme d'ailleurs pour Cancùn, paradis des fetârds. Chacun s'occupe à un rythme presque irréel tellement lent.
On prépare du béton pour faire des socles de protection, démonte les panneaux, barricade chaque fenêtre de planches de bois. On décide de récolter un peu plus d'infos au consulat français, au ministère de l'intérieur Mexicain, et à la mairie. On circule de rues en rues pour trouver les bâtiments,comme d'habitude, avec une carte, quelques conseils de locaux. On voit des voitures quitter la ville, des bus complet partir, et des centaines de voyageurs tentant de prendre un ticket de bus.
Sorties de la mairie, on a quelques infos supplémentaires. L'ouragan arrive bien comme prévu, mais avec peut-être 12 heures de retard. L'aéroport devrait fermer seulement à 16heures. L'avion de Lou doit décoller à 16h20. Il ne reste plus qu'à prendre des infos à l'ambassade. Là, rien de bien réjouissant non plus. Etrangement, encore une fois, le bâtiment est désert. Pas de folle agitation de Français paniqués. Juste nous. On nous inscrit sur une liste, on prend le nom de notre hotel. Et on nous remet une feuille avec un numéro. On retourne à notre guest. Sur la route, on croise des voyageurs qui ont préférés quitter l'hôtel dit "pas sur". Qu'est-ce que ca veut dire exactement? Pas d'idée. Nous on reste. De toute manière, le prix des autres hôtels à doublé minimum, et il ne reste plus de chambres.
On pose nos sacs dans ce qui sera peut-être la dernière de ce périple à deux. Bizarre ce mélange de sensations. Bizarre de s'être préparées à un départ qui reste en suspens, ce mélange de joie qui nous habite à l'idée de traverser encore une étape ensemble, à l'idée de prolonger cette aventure, et d'autre part, cette espèce d'énigme, de danger qui gravite à quelques kilomètres de nous. On range nos sacs, on tourne en rond. Chaque instant, on le sait, sera gravé au fond de nous. Et ces moments paraissent d'un infini long. On les savoure finalement. Etre ensemble encore quelques minutes, vivre un truc, une aventure, un voyage extraordinaire, ensemble.
On passe aux chose sérieuse. Lou tente en vain d'avoir des infos sur son vol. Pourquoi? Parce que le vol prévu entre Los Angeles et londres dépend du vol entre Cancun et Los Angeles. Malheureusement, ce sont deux compagnies différentes, et si Lou n'a pas son premier vol, le retour en Europe sera perdu. Il faut donc anticiper. Alaska airlines, compagnie low cost, n'a pas prévu de déplacer son vol un peu plus tôt, et n'est même pas sure de pouvoir l'assurer. Aucunes infos avant le lendemain matin 9 heures, heure américaine. notre agence de voyage tour du monde est fermée : Il est trop tard dans la nuit en France pour espérer les joindre. Lou leur envoi un mail en priorité haute, leur expliiquant la situation, et leur demande d'annuler la correspondance entre L.A et Londres. Tant pis, elle préfère passer deux ou trois jous a L.A, plutôt que de payer un autre vol si celui de Cancùn décolle.
Reste plus qu'à attendre. Si ca se trouve, l'ouragan sera là dans la nuit.
On fait la connaissance d'un hollandais, habitué a cancun, propriétaire d'un grand hôtel ici. Il était présent lors du dernier ouragan, et nous rassure un peu quant à la sécurité de l'hébergement. Si lui, vient là ce n'est pas pour rien. N'empêche que quant on voit l'aspect de l'hôtel on peut avoir des sérieux doutes quant à sa résistance à des vents de 300km. Il se réfugie ici car son hôtel a été évacué, trop proche du front de mer. Il nous assure que pour lui c'est une aubaine : Danger= liquidation dernière minute des stocks des magasins= affaires. Un ordi PC dernier cri à 300 euros, ca laisse quand même à réfléchir!
Il nous conseille de "ravitailler". Eau, lait, céréales, et toute bouffe qui ne doit pas être chauffée. C'est parti, taxi, nous voilà dans un grand centre commercial. Le spectacle en vaut le détour. Là, les rayons on été dévastés : Céréales, eau, biscuit, chips et compagnie n'apparaissent même plus sur les stands. Si ce n'est quelques paquets ouverts. Dingue. Les autres rayons sont emballés sous célophane, réunis au centre de la pièce prêt à affronter les vents. On revient chargées. et on fait la rencontre de français. Il ont réussis à dégoter le numéro perso de l'ambassadeur, et ont d'autres infos. On passe la soirée a rire, jouer aux cartes, tout en surveillant en temps réel la trajectoire de l'ouragan sur internet. Y'a plus qu'à attendre.
On passe une drôle de nuit. Lou se lève tôt et n'obtient pas plus d'infos. Reste a attendre. Drôle de dernière journée. C'est dingue tout ce qui se passe dans nos têtes. Mais à voyage extraordinaire, il fallait une fin extraordinaire. Pour l'heure, on attend.
Lou et Maye, France
Bonjour à tous!!
Et oui, nos aventures vous manquent... Désolées pour ce grand moment d'absence, mais comme vous avez pu tous le comprendre, le retour a été un peu plus difficile que prévu! Mais nous revoilà, pour la fin de ce voyage... extraordinaire!
On est revenues, mais on attend toujours vos réactions!
Lou et Maye, Cléder, Finistère, France...
MEXIQUE : Isla mujeres
On arrive sur "l'ile aux femmes" en fin de matinée aprés une petite traversée de la mer des caraibes. Les couleurs sont magnifiques et on est bien contentes de sortir enfin de Cancun. On débarque sur la petite ile, et là, surprise.... C'est gavé de monde. Les mêmes touristes : américains bien gras, ultra consommateurs, et qui ne voient rien du mexique à part leur hotel. Génial! Nous qui révions d'une petite ile version "Koh Chang" pour finir le voyage! On fera avec, le temps nous est désormais compté. J-8 avant que Lou s'envole vers les States...
On trouve notre dernier petit hotel. On tape un peu plus haut de gamme, à savoir : douche avec eau chaude! C'est beau le luxe! On a même la télé et le cable! On part enuite se ballader dans les petites ruelles du village. Rien d'extraordinaire, quelques petites rues animées, des petits resto et vendeurs. On continue notre chemin, et aprés avoir traversé un immense hotel flambant neuf on aboutit a une superbe plage, toute petite, mais aux couleurs epoustouflantes... avec vue, au loin, sur les batiments de Cancun.
On profite de notre semaine, a flemmarder sur la plage, qui, jour apres jour se vide, tout comme l'ile. On esquive les orages en se refugiant sur la terrasse de notre petite chambre. On y joue aux cartes accompagnées d'un petit apéro, repasse sans arrêt nos moments de voyage. On refait le monde. Que le temps passe vite. Etrange sensation de n'avoir rien vu passer, d'avoir le temps qui glisse entre nos doigts, comme une poignee de sable. Etrange d'arriver à l'aboutissement d'un rêve... Et en même temps, on a aussi tres envie de rentrer, de balancer le sac, les affaires que l'on traine depuis un an, manger francais, dormir dans son lit, se faire chouchouter par une estheticienne. Les sensations défilent, se confrontent, et en nous, le même sentiment étrange que plus rien ne sera comme avant : notre vision des choses, nos envies, notre lien, et tout ce qui nous a enrichi pendant plus de 10 mois. Mélange d'envie de rentrer, de peur, de fatigue, de sérénité, et de tout ce qui nous fait désormais...
On essaye de profiter de chaque seconde. Encore, jusqu'a la fin. Sans penser au lendemain, sans penser que c'est chacune de notre coté que l'on va finir cette aventure. On se ballade, on lézarde, on profite de chaque rayon de soleil, on paufine notre bronzage, et puis on rêve... de ce rêve réalisé.
Etrangement, les jours défilent, la pression du retour augmente, et l'ile prend des allures d'ile fantome. Les rues se vident, la plage est déserte, les vendeurs barricadent leur boutique derriere des murs en béton, des planches. Tout est rangé, vidé, nettoyé. Une fin de saison en 3 jours! On les trouve un peu pressés, ils pourraient au moins aller jusqu'au premier septembre, ou finir la semaine!
Mais finalement, nous ca nous convient! Plus personne, la plage pour nous, un petit resto chaleureux, une chambre d'hotel confortable... Ah oui, l'hotel. Jusqu'au bout ces mexicains! On a payé plus cher pour avoir l'eau chaude, "garantie dans les prix". Et finalement chaque jour, on se lave a l'eau froide. Apparement, une piece doit être réparée "aujourd'hui", puis le lendemain... etc! On petera donc notre dernier cable ici, a "isla mujeres". On sait bien que ca ne servira a rien, mais jusqu'au bout on trouvera vraiment le pays gaché par cette mentalité... Puis, on n'est plus a une semaine prés d'eau froide!
C'est déjà l'heure du retour a Cancun, pour notre derniere nuit avant le vol de Lou pour Los Angeles. On reprend le bateau, avec 2 autres passagers, qui comme nous ne comprennent pas pourquoi toute l'ile s'est vidée d'un coup, pourquoi désormais, meme notre hotel est fermé...
La réponse ne se fait pas attendre. On arrive a Cancun, rien d'étrange, le brouhaha habituel, si ce n'est que tous les magasins barricadent leur devanture. On arrive a l'hotel, et la gérante, nous demande si on veux bien prendre la nuit, valider notre réservation. On se regarde un peu ébahies, et aprés un moment d'hésitation, la patronne nous parle en espagnol d'un truc que l'on ne comprend pas trop... Elle nous la refait en anglais. Lou comprend, se décompose, Maye ne saisi toujours pas. Lou lui explique alors, qu'un ouragan, appelé Dean, de force 5/5, arrive droit sur Cancun dans la nuit. Et le pompon c'est que l'hotel n'est pas sur du tout et n'offre aucune garantie de securité...
L'aventure va-t-elle se prolonger?! Ce qui est sur, c'est que la journée quand a elle n'est pas finie...
Lou et Maye, Traveller hostal, Cancun




