GUATEMALA : Flores
On retrouve de plus en plus ce que l'on aime. On monte dans une embarcation plus que douteuse pour acceder a la rive guatemalteque du Rio. On navigue ainsi pendant une demie heure sur ce grand fleuve marron, en compagnie de 6 autres touristes. Cela nous rappelle la traversee de la frontiere Thailande-Laos, ou les nombreuses navigations au Laos sur le Mekong. On retrouve les hommes qui pechent enfonces dans la vase jusqu'aux hanches, les femmes qui font la lessive, les gamins qui se baignent en compagnie de vaches maigrelettes. L'eau c'est la vie, et durant tout le voyage, ces scenes la nous le prouvent.
On debarque enfin sur l'autre rive. C'est toujours assez marrant de passer les frontieres a pied. On met les sacs sur le dos et on marche 5 minutes jusqu'a un abris de fortune. La, un rabatteur nous propose d'echanger notre monnaie Mexicaine contre celle Guatemalteque. On ne le fera pas, meme si le taux n'est pas trop mal, simplement car ils nous ont allumes pour la sortie de territoire au Mexique et du coup on n'a plus de monnaie. On peut difficilement dire quelque chose malheureusement. Mais la, on est franchement enervees. A toutes les frontieres, on a ete oblige de donner 1 dollar maximum. La corruption est presente dans beaucoup de pays, et il est difficile, a un poste frontiere perdu a des dizaines de kilometres du premier village de contester au risque de se voir refuser l'entree au pays. Mais la, ils ont vraiment abuse... On ne sait pas ce que l'on a paye, et au milieu du Chiapas, on ne cherche pas trop a comprendre, ca peut vite devenir bancal... Du coup, on espere que les douaniers guatemalteques ne nous demanderont rien, car on n'a plus un sou.
Le bus arrive. La chaleur est franchement etouffante, et l'engin est incontestablement le plus pourri que l'on ai eu depuis le debut du voyage. Oui, pire que ceux d'Asie... Sans compter que l'on a au moins 3 heures de piste! Chaleur, poussiere, dans un paysage resolument desert. On espere juste que l'on ne sera pas la cible des pirates de la route qui attaquent couramment les routes. Au bout de 30 minutes on s'arrete encore. Poste frontiere Guatemalteque. On doit tamponner pour l'entree. Et bien sur, encore une fois, le tampon s'accompagne d'un backshish. Et cette fois ci c'est 50 dollars qu'ils nous demandent! Le probleme c'est que l'on a plus un billet sur nous. On demande un ticket, on negocie, mais rien a faire. Pas de ticket, c'est dans l'ordinateur, qu'ils nous disent! Et pas moyen de bouger tant qu'ils n'ont pas pris notre argent pour le mettre directement dans leur poche! Heureusement, 2 backpackeuses allemandes nous preteront de quoi passer. Ca nous enerve vraiment. Ils en profitent a l'extreme. Mais encore une fois, on ne peut rien faire, si ce n'est payer. Quelle mentalite!
On continue sur une piste desertique pendant pres de 3 heures. Maye s'interroge a chaque arret du vehicule, et Lou prepare des plans au cas ou des pirates nous attaquent. Ou cacher les cartes bleues? et les passeports? Et surtout notre precieuse cle USB contenant toutes nos photos depuis le debut du voyage... On fait un stop dans la seule station service des 500 kilometres carres a la ronde (on exagere a peine). En descendant, le melange de chaleur et de poussiere nous rappele un peu le desert australien. On boit un coup et on repart. Plus que 2 heures, mais heureusement les derniers kilometres se feront sur une route.
On s'approche enfin de Flores, notre ville etape. Le mec du minibus tentera de nous vendre hotel, excursion et tout le tralala pendant pres de 30 minutes. On est finalement les seules a refuser. Un peu vexe, on devra negocier pour que le chauffeur nous stoppe quand meme devant notre hotel. En descendant du bus on se prendra une bonne saucee. Mais nous voila bientot installees dans un charmant petit hotel, au prix qui correspond vraiment plus a notre budget!
Apres une bonne douche, on part ni une ni deux manger un bout. On est dans le bus depuis ce matin tres tot et on a encore presque rien dans le ventre. Flores nous seduit immediatement. C'est une petite ville aux maisons colorees, aux rues pavees, qui s'etire sur une ile au milieu d'un immense lac. On respire. L'athmosphere est typique et agreable. On est vraiment contentes d'etre arrivees! On se vengera sur un gros plat de pates version Guatemateque, (bolognaise aux poivrons...) en profiant du superbe panorama sur le lac et les montagnes avant de sombrer dans un sommeil bien merite...
Maye et Lou, cyber de Flores
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